2009 Amina

« Tangora en est à son deuxième album : «Confluences». Le dernier enfanté est une manifestation concrète des 2 passions de cette chanteuse : le jazz des chanteuses mythiques des années 40 et 50, mais aussi celle du métissage musical brésilien. Entre latin jazz « Brasil », accents cubains et phrasés vocaux créatifs, Tangora nous promène et convainc de son expérience et de son talent sans ostentation inutile. Le travail des musiciens est efficace et de qualité même si des Brésiliens auraient choisi plus de musicalité et un peu moins de sophistication. Qu’importe, le résultat est accrocheur et comme c’est souvent le cas pour le travail vocal des chanteuses, on ressent à l’écoute un attachement physique et une grande sincérité dans son implication. Les textes oniriques contribuent à cette ambiance de légèreté et de voyage qui nous poussent à une rêverie distante de la réalité, plus carte postale que Favella-Feijoada. Au bout des 13 titres, on n’a toujours pas atterri, selon l’appétence des auditeurs pour le vol plané, cela en sera la force ou le talon d’Achille. »

Emmanuel Truchet, Paris Nouvelle Vague, 13 Octobre 2009

 

 

 


Notre Note :     wER+NanOfSbJwAAAABJRU5ErkJggg==

« Dès le premier titre de cet opus, ‘Inolvidable’, vous avez l’œil qui s’éclaire, les poils qui se dressent car la voix de la belle Tangora vous colle un énorme frisson, instantanément, avant que les musiciens ne se lancent et que vos doigts pianotent sur tout ce qu’ils peuvent trouver. Enfin, vous dites-vous presque, tant l’intro de cette première chanson et de cet album vous prend aux tripes.

Tangora, c’est une voix lumineuse et belle comme l’étoile du Sud, la plus lumineuse de toutes, une voix tendre et chaude à la fois, une voix aussi fragile et rare qu’un rayon de soleil en pleine nuit.  Mais plus les titres se suivent, ‘Maracaibo’, ‘Trinidad’ puis ‘Leo’s Waltz’, plus la voix vous pénètre dans la peau, vous entraînant dans une folle sarabande où rythmes latinos et caribéens fusionnent avec un jazz sans frontières, universel dans son âme comme dans ses notes. 

Avec une aisance et une facilité déconcertante, Tangora vous fait voyager, vous emportant avec elle dans un ciel étoilé où ses yeux scintillent comme deux astres à la lumière éternelle. On passe de Maracaibo à Trinidad avant de tanguer sur une rumba et de s’envoler pour une ‘Moon Dance’ (signée Van Morrison) qui vous file un sacré coup de jeune, quelque soit votre âge.

Un album, miracle de jazz chanté, auquel les musiciens apportent une contribution très classe, présents et effacés à la fois pour ne jamais faire la moindre parcelle d’ombre à la voix sublime de Tangora. Ces artistes à la sensibilité en adéquation avec Tangora sont Mario Canonge au piano, Emmanuel Bex à l’orgue, Eric Vinceno à la basse, François Laizeau à la batterie, acompagnés de guests tels Bibi Louison au piano, Duvone Stewart aux percus et Jacques Schwarz-Bart au sax.

 Le plus surprenant pour qui connait une parcelle de l’histoire de Tangora, est que cet opus respire une extraordinaire joie de vivre alors qu’elle a du dire au-revoir à Claude Sommier, pianiste et compositeur antillais dont elle était la ‘muse’, qui a lutté dix ans contre une terrible maladie qui l’a privé de l’usage de ses membres. Une épreuve pour le musicien, l’artiste et le médecin qu’il était et qu’il a affrontée de face, sans jamais douter de la vie, accompagné pendant tout ce temps par le rayon de lumière qu’était Tangora. Un rayon de lumière qui a dédié ce superbe album à cette âme partie trop tôt, une âme qui touchait au divin et qui a laissé filtrer en Tangora ce quelque chose d’infini qui fait d’une chanteuse de jazz une diva, tout simplement. »

Frankie Bluesy Pfeiffer, Les notes de Paris on the Move


SUNSET SUNSIDE

Vendredi 17 juin au Sunset, la chanteuse présentera son dernier album « Confluences », entourée de Mario Canonge au piano, Tony Rabeson à la batterie, Eric Vinceno à la basse et Duvone Stewart au steel pans.

Avant d’enchanter le public du Sunset par sa voix suave et sa musique métissée, la chanteuse Tangora a accepté de répondre à nos questions.

TLC : A quel moment de votre vie avez-vous décidé de vous consacrer entièrement à la musique ?

Tangora : J’ai baigné dans une culture Jazz assez jeune car mes parents étaient des mélomanes, mais j’ai commencé ma carrière professionnelle après le bac, vers 19 ans, avec un groupe de lycée qui s’appelait Alizeo Pulse. On a commencé par des compositions plutôt Jazz Latin, mes amis musiciens étant d’origine espagnole. Puis je me suis peu à peu détournée de cette couleur latine en m’ouvrant au jazz plus conventionnel et en passant par l’apprentissage des standards. Par la suite j’ai rencontré toutes sortes de styles et de musiques qui m’ont amenée à des expériences nouvelles et à la composition. J’ai commencé à composer une quinzaine d’années après mes débuts. Je ressentais ce besoin d’écrire et de raconter ma propre histoire. Après avoir ingurgité tout l’héritage, on a envie d’apporter sa propre pierre à l’édifice.

Y a-t-il des chanteuses ou des instrumentistes qui vous ont particulièrement influencée ?

Capture d’écran 2015-12-06 à 11.59.34.pngBien sûr. Notre histoire est faite de notre passé, on ne peut pas construire une personnalité musicale si l’on n’a pas été inspiré par des grands. Alors pour en citer quelques uns, il y a évidemment Ella Fitzgerald, chez les hommes il y a Bobby Mc Ferrin, Al Jarreau. J’ai aussi été très influencée par les instrumentistes. L’instrument qui m’a je pense le plus inspiré, qui m’a permis de sortir de la technique vocale et m’a poussé vers de nouvelles formes de musicalité, c’est le piano. Un des pianistes que j’ai le plus écouté c’est Oscar Peterson par exemple. J’écoute toujours beaucoup les pianistes, également les saxophonistes, ce sont eux qui me permettent d’aller beaucoup plus loin dans mon art. Bien sûr le chant pur m’a beaucoup inspirée, la musique classique, la musique italienne, la musique espagnole, sont des musiques qui m’ont également beaucoup inspirées. Je suis ce que j’ai ingurgité, je ne suis pas toute seule derrière ma voix. La liste des influences est longue, mais au bout du compte on finit par s’en détacher pour se trouver et être finalement soi-même.

Quelques mots à propos de votre dernier album « Confluences » ?

C’est la suite de l’album précédent intitulé « Colorada ». « Confluences » propose une musique métissée, latine. Je chante en espagnol, en français, et la majorité des morceaux sont des compositions. Je suis de la méditerranée puisque je suis d’origine italienne, mais ce latin là va beaucoup plus loin que la méditerranée, il va jusqu’à la caraïbe, c’est cette musique qui me permet d’être le plus à l’aise dans ma voix et dans la musicalité. Je suis entourée de musiciens géniaux, Mario Canonge au piano, Eric Vinceno à la basse et Tony Rabeson à la batterie qui remplace François Laizeau, avec ce nouveau batteur on part encore dans autre chose, et je sens que le prochain album ça va être terrible ! (rires)

Quelle sera la ligne directrice de votre prochain album ?

C’est le cœur. J’aime raconter des histoires d’amour, j’aime la poésie, j’aime les métaphores, j’aime le texte et j’aime écrire. Ecrire autour de mes voyages et écrire sur les hommes. Je cherche quelque chose de plus léger, de plus doux et de plus aérien que dans les albums précédents.

Quels sont vos projets en cours ?

Capture d’écran 2015-12-06 à 11.59.20Comme je l’ai dit il y a le prochain album, j’ai commencé l’écriture, et je pense y passer plus de temps à partir du mois de juillet. Je partage également de jolis projets avec l’organiste et pianiste Emmanuel Bex, nous travaillons sur des Requiem. Il a écrit un Requiem pour quatre voix avec orgue et batterie, ce sont des projets qui me touchent beaucoup, vocalement c’est très complexe, avec une écriture assez alambiquée mais j’aime ça, Emmanuel est à la fois dans le jazz et la musique classique. J’ai aussi le plaisir de travailler avec le Big band d’Yvan Julien, grand arrangeur qui a travaillé avec Quincy Jones, Michel Legrand, qui a enseigné au CIM et qui a aussi composé beaucoup de musiques de films. Et enfin j’ai mon projet personnel, « Tangora », que je porte tout en continuant de voyager avec d’autres artistes qui me nourrissent et qui me font grandir.

Sunset Sunside, 60 rue des Lombards 75001 Paris


Capture d’écran 2015-12-06 à 12.17.24.png« Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes », derrière ce slogan publicitaire se cache la phrase parfaite pour décrire ce que représente « Confluences » ……. Ici se mélange la finesse du jazz aux rythmes populaires et enivrants  d’Amérique latine bercés par une voix veloutée et dansante …Un album ensoleillée et doux … »