Le jazz à Baudot

Annick Tangorra – Springtime


Annick Tangorra (voc), Mario Canonge (p), Thomas Bramerie (b), Alain Jean-Marie (p-8-10), Tony Rabeson (dm), Arnaud Dolmen (dm-3,4,5,9, 10), Adriano Tenorio (perc), Frémeaux & Associés FA 598 (Socadisc)


Voilà une musique qui sent bon les îles lointaines. La chanteuse Annick Tangorra s’est entourée de musiciens venus de ces parages : Alain-Jean Marie qui vient  de Pointe-à-Pitre, Tony Rabeson de Madagascar, Arnaud Dolmen de la Guadeloupe, Adriano Tenorio du Brésil, et Mario Canonge, qui a réalisé ce disque, de la Martinique ; seul Thomas Bramerie est du Continent, mais il est parfaitement intégré à cette musique qui chante et qui danse.


Annick Tangorra possède une voix chaude et agréable, elle a de la puissance dans les aigus, un scat personnel, et un délicieux accent quand elle chante en français, et qu’elle perd en anglais, plus un certain charme musical. On peut s’en rendre compte sur « Vouvouka » avec une belle idée d’arrangement chromatique à l’unisson voix-basse-batterie. « Cantabile For Lady Day » dont la musique est de Michel Petrucciani est un magnifique pont entre jazz et caraïbe. Une belle cohésion du groupe sur « Destiny Destination », une sorte de samba funk. « Urban Child » est du grand Canonge sur une expression-explosion rythmique. Sur « Melancholia » Alain Jean-Marie est au piano, on peut admirer la richesse harmonique des accords, la profondeur de l’expression, et il pousse la chanteuse vers un lyrisme plus profond. « Little Princess » est un bel arrangement de Canonge, avec de belles envolées du piano, sur une valse ensoleillée. A noter un beau solo de contrebasse chantante sur « Mimosa » de Herbie Hancock dont Canonge s’inspire ici dans son jeu.
Toutes les paroles (qu’on peut lire sur le livret) sont de Annick Tangora. Pour son quatrième disque la chanteuse s’est offert un écrin rutilant pour exprimer son printemps doucement sensuel.

 Serge Baudot

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